samedi, 06 mai 2017

Discours prononcé par André Gilles, à la tribune du Conseil provincial, à l'occasion de sa sortie de charge

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Discours prononcé par André Gilles,
à la tribune du Conseil provincial,
à l'occasion de sa sortie de charge

  
Monsieur le Président,
Monsieur le Gouverneur,
Madame la Directrice générale provinciale,
Chers collègues,
Voilà, c’est ma dernière.

Près de 30 ans de présence au sein de ce Conseil provincial, huit législatures, vous en conviendrez, ma tâche aujourd’hui n’est pas des plus aisées en m’exprimant pour la dernière fois devant vous en tant que Député-Président.

À 62 ans, j’ai donc passé les trois-quarts de ma vie d’adulte au service de la Province de Liège en lui vouant un amour sincère où la passion n’a jamais faibli, que du contraire.
Certains m’ont d’ailleurs parfois reproché cette opiniâtreté de chaque instant pour défendre et dynamiser l’institution provinciale liégeoise.
Ces détracteurs furent souvent, non sans arrières pensées, ceux-là mêmes qui jalousaient la bonne gestion de la Province de Liège.
Ne dit-on pas que l’on ne jette des pierres que sur les arbres qui portent des fruits ?
Ne nous trompons pas, il s’agit de ceux qui n’hésitent pas à s’adonner à une véritable contorsion intellectuelle en remettant en cause l’existence des provinces sous le fallacieux prétexte de respecter les principes de bonne gouvernance.

Certes, tout est toujours perfectible.

Néanmoins, chacun en conviendra, me semble-t-il, la Province de Liège a su proposer, ces dernières années, une très large gamme de politiques en faveur des citoyens et des communes sans jamais plomber ses finances dans des endettements sclérosants.
À mes yeux, ce sont-là les éléments fondamentaux d’une véritable « bonne gouvernance », n’en déplaisent aux jaloux de tout poil.
Face aux discours désapprobateurs, préservons, protégeons, comme la prunelle de nos yeux, la Province de Liège et ses enfants Publifin, la SPI.
Il y va de l’avenir de Liège car osons appeler un chat, un chat, sans naïveté, ni paranoïa.
Toutes ces attaques n’ont d’autres buts que de mettre au pas Liège et ses initiatives publiques de développement économique.

Cependant, ce n’est pas l’heure des polémiques.
Je suis simplement ici à cette tribune pour vous délivrer modestement (comme l’aurait dit François Mitterrand) « ma part de vérité » et la vision qui m’a animé durant toutes ces années.
C’est aussi l’occasion de vous remercier de m’avoir permis de transformer, avec votre aide, quelques beaux essais (comme on dirait en rugby) dont la mise en place des structures supracommunales n’est pas la moindre.

Dans ces circonstances exceptionnelles, je ne vous cacherai pas que l’homme que je suis est profondément ému tandis que le responsable politique que je fus comme Conseiller, Député et Président demeure conscient que cette longue marche pour développer ensemble notre institution n’a pu s’accomplir qu’avec l’appui d’un personnel provincial dont je mesure autant la disponibilité et l’enthousiasme que sa rigueur et ses capacités dans tant de domaines différents.

Ce qu’est devenu la Province de Liège en 2017 est notre œuvre collective à nous tous, Conseillers actuels, anciens Conseillers, agents provinciaux d’hier et d’aujourd’hui.
Aujourd’hui, la Province de Liège, c’est une nouvelle image, ce sont des moyens de communication modernes et variés, ce sont des axes prioritaires forts et cohérents, c’est un réseau d’enseignement performant, c’est aussi le développement d’un modèle de supracommunalité bien antérieur aux premières recommandations du pouvoir de tutelle en attendant toujours le Décret régional en la matière.
La Province de Liège, c’est également l’organisation de grands événements internationaux, c’est la promotion de la citoyenneté, c’est le soutien au  développement de l’initiative industrielle publique par le biais d’intercommunales, un budget en équilibre, c’est un endettement inférieur à la moitié de la moyenne des autres provinces wallonnes, c’est un poids économique majeur stimulé par d’importants investissements (58 millions prévus au budget extraordinaire 2017) qui font travailler des entreprises et qui garantissent de
nombreux emplois indirects.
Et la Province de Liège, c’est surtout plus de 6.000 collaborateurs qui s’impliquent quotidiennement dans une démarche de proximité vis-à-vis de la population.

C’est tout cela la Province de Liège.
Nous devons en être fiers.

Nous devons le faire savoir, inlassablement, sans relâche, même si c’est difficile, même si l’époque est hélas davantage au dénigrement gratuit, aux amalgames de toute sorte, voire à la calomnie plutôt qu’à prendre le temps d’expliquer de façon rationnelle les tenants et aboutissants de chaque chose.

Notre message c’est : « La Province est LÀ », aux côtés des communes et au service des citoyens.

Ce message que je vous délivre en sortant de charge, il est en nous tous, il nous appartient.
Il nous incombe de le faire entendre partout et à tous les niveaux, pas seulement au sein de cette assemblée qui fonde la légitimité de la Province et donc des décisions que nous prenons.
J’ai eu l’opportunité de m’exprimer pendant près de 23 ans en tant que membre de l’exécutif provincial, la Députation permanente d’abord, le Collège ensuite, sur une multitude de sujets souvent liés directement aux matières dont j’avais la charge, parfois sur d’autres
thématiques plus transversales mais toujours animé de la même passion, celle de faire vivre et progresser cette formidable institution.

C’est avec consternation et désappointement que j’ai constaté qu’après le « Publifin bashing », toute parole, toute explication, tout discours rationnel étaient devenus inaudibles.
Mais c’est avec stupéfaction et dégoût que j’ai vu d’aucuns s’engouffrer dans la brèche entrouverte et s’en prendre désormais aux Provinces.
Ma conscience aigüe de l’intérêt général m’interdisait de supporter que les mises en cause injustes de ma personne dans le cadre du « Publifin bashing » puissent participer aux attaques dirigées à l’encontre de l’institution provinciale liégeoise.
Après les articles calomnieux, après les caricatures qui révoltaient mes proches, après que les journalistes campant devant mon domicile pour « vérifier » de leurs yeux si le sexagénaire que je suis pouvait effectivement rencontrer de sérieux problèmes de santé, après les semaines épouvantables traversées, il m’était insupportable de voir la Province de Liège, atteinte par les attaques qui me visaient.

C’est pour cette raison que j’ai décidé d’annoncer que je quitterai, fin mars, mes responsabilités provinciales, non pas parce que l’on me l’aurait demandé, mais bien de mon propre chef.
C’est aussi avec la même détermination que j’ai donc exercé pleinement mes fonctions de Député provincial-Président jusqu’à ce jour.
Vous l’aurez tous compris, ici, si je quitte effectivement la Province, jamais je ne l’abandonnerai.
Je continuerai jusqu’à mon dernier souffle, en citoyen pensant et agissant, à défendre cette précieuse et indispensable institution qui à Liège, sans doute plus qu’ailleurs, a prouvé son exceptionnelle efficacité.
J’espère vivement avoir contribué, par les décisions que j’ai prises, à l’intérêt des structures que je quitte avec tristesse.
Le message que je vous adresse depuis cette tribune vous aura cependant convaincu de ma foi en l’avenir de la Province de Liège et dans le travail qu’accompliront, avec la même ferveur, mes successeurs auxquels je souhaite le meilleur et tous les succès possibles.


Vive la Province de Liège. "

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